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Louis David Président de l'association Comité Israël-Palestine
Louis David est un retraité et ancien agriculteur. Il a été administrateur à la Cana (Coopérative agricole d'Ancenis) pendant 20 ans et est désormais le président de l’association comité Israël-Palestine à Châteaubriant.
APADI 44, ce sont des projets associatifs de développement international. Le Conseil général souhaite encourager le développement des coopérations économiques, agricoles et touristiques à l'international. Comment ? Par des actions associatives directes menées en lien avec les collectivités des pays moins favorisés. Louis David, président de l'association du comité Israël-Palestine à Châteaubriant, nous en dit un peu plus sur ses actions.
Conseil général -
Comment est née votre association ?
Louis David -
L'origine de l'association remonte à plus de dix ans. A Châteaubriant, lors d'une soirée débat, est venu Leïla Chahid de la délégation palestinienne en France, et monsieur Goren de l'ambassade d'Israël en France. Un grand débat avec 350 personnes, c'était extraordinaire ! En 1996, nous croyions à la fin des hostilités et à la coexistence. Malheureusement, rien n'a changé. Et en 1999, l'association a été créée, d'abord parce qu'il y avait des gens qui voulaient faire des choses et aussi parce que la municipalité de Châteaubriant dirigée par Martine Buron cherchait à mener une action concrète sur l'Algérie : c'est ce qui a déclenché la création de l'association en direction de la Palestine et de l'Algérie. L'idée, c'était que des gens viennent faire des conférences, nous voulions beaucoup de réunions d'informations, de réceptions de jeunes ou de moins jeunes : on servait à l'époque de relais à l'association Gaza Jérusalem dont nous sommes toujours partenaires. Notre mission, c'était l'échange d'informations entre Israéliens et Palestiniens. Dès que nous le pouvions, nous faisions des conférences avec un israélien et un palestinien. Ca fonctionnait toujours plutôt bien. Aujourd'hui, les débats sont plus difficiles à réaliser, sauf avec des israéliens acquis à la cause palestinienne. Il y a aussi ceux qui n'osent pas et ils sont nombreux. L'année dernière, à l'assemblée générale, il y avait bien sûr une israélienne, mais acquise à la cause des palestiniens, parce qu'elle défend la justice et les droits.
C.G. -
Quel est le projet de l’association dans l’avenir?
L.D. -
L'idée, c'est d'être en relation avec la Palestine sur le terrain. En 2008, nous avons fait un déplacement là-bas pour trouver une commune qui correspond au pays de Châteaubriant, c'est-à-dire, à nos yeux, un peu rural. Nous avons trouvé une commune où il n'y avait presque pas d'autres interventions d'associations. Et surtout, cette commune a une équipe municipale avec un maire très dynamique et intègre. Nous nous sommes mobilisés pour cette commune et cette année, nous avons présenté un projet pour la construction de chemins ruraux. Nous le présenterons d'ailleurs au Conseil général le 20 novembre aux journées de l'APADI. Le Conseil général nous subventionne à hauteur de 20 000€, c'est un très gros projet, très lourd. C'est un des premiers projets de cette importance, nous ne savons pas si nous avons les moyens de le mener à terme car c'est un projet sur trois ans. Nous sommes partis du principe que les chemins ruraux sont la base de la résistance pour occuper les terrains, pour pouvoir les cultiver au mieux et pour pouvoir permettre à la population de se dégager en cas de fermeture de la seule route d'entrée à Beit Ommar. Ce sont des chemins de type chemins de remembrement durables. Ils ont un intérêt considérable pour résister stratégiquement et aussi sur le plan du développement durable.
Nous nous sommes mobilisés pour cette commune et cette année, nous avons présenté un projet pour la construction de chemins ruraux.
C.G. -
La situation, là-bas, est-elle aussi grave qu’on le dit?
L.D. -
 La seule façon de comprendre la situation, c'est d'y aller, parce qu'il est difficile de retranscrire une situation qui est vraiment incroyable et idiote, c'est-à-dire une occupation qui avilit la personne, qui la prend pour rien. L'occupant a le droit de vie et de mort, de dire « vous ne sortirez pas aujourd'hui, vous ne sortirez pas demain »... C'est affreux et personne n'y fait rien. Des paroles tout au mieux ! Pour des raisons historiques, nos états et gouvernements ont les pieds et mains liés avec Israël.
C.G. -
D’où vous vient cette volonté de vous battre?
L.D. -
Je ne sais pas trop d'où ça vient... J'ai été militant syndicaliste, administrateur à la Cana (Coopérative agricole d'Ancenis) pendant 20 ans : un poste à responsabilité. Cela a été une école de formation intéressante, j'y ai beaucoup appris. Il y en a qui sont rentrés dans le système, moi j'étais dedans et en dehors : j'assumais mes décisions et mes idéaux. Et j'ai toujours cru à l'action collective : convaincre des gens qui ne sont pas acquis à notre cause est un challenge que j'aime relever...Et puis aussi ça vient de l'injustice... Il faut bien comprendre que le problème palestinien est un cancer, mais c'est aussi un cancer dont tous les fous, tous les extrémistes se réclament pour mener des actions terroristes. Tous les extrémismes se rejoignent, qu'ils soient israéliens ou islamistes. Ils sont d'accord sur le fait que l'un doit détruire l'autre. Pour eux, c'est un duel comme au moyen âge. C'est terrible, et qui sait jusqu'à quel point peut dégénérer la situation...
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