Le contexte des ventes

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Aquamanile, Le Lai d'Aristote

Si Thomas Dobrée put être influencé par de grandes personnalités, notamment du monde bibliophile, dans la formation de sa collection, il est à souligner que les années 1830 à 1870 voient la dispersion de nombreuses collections prestigieuses. Attentif aux grandes ventes il suit avec intérêt voire avec passion ce qui passe sur le marché, soucieux tout à la fois de la rareté des pièces mais aussi de la valeur des acquisitions.

Au fil des années les prix augmentent et par là-même la concurrence. Il a bien souvent à affronter des musées et de richissimes rivaux, allant jusqu'à surveiller leur décès afin de ne pas laisser échapper d'œuvres majeures. Il achète ainsi la plupart de ses manuscrits entre 1831 et 1858 (ventes La Mésangère, Bruyères-Chalabre, Pixérécourt, Bignon, Toussaint Grille, le marquis de Coislin) et complètera sa collection en 1869 à la vente Pichon.

Selon les opportunités il oriente ses achats même s'il acquiert des livres jusqu'à la fin de sa vie. Ses plus grandes acquisitions d'estampes sont réalisées entre 1843 et 1865 tandis que les ventes Germeau et Soltykoff lui permettent de compléter sa collection d'objets d'art avec des pièces prestigieuses. Quant aux autographes il utilise L'Amateur d'autographes, bulletin publié par Gabriel Charavay, pour suivre les ventes. La dispersion de la collection Lajarriette en 1860 lui donne l'occasion d'enrichir son fonds de plus d'une centaine de pièces autographes ainsi que d'une trentaine de textes historiques (discours, arrêts...) essentiellement d'intérêt local.