Le rêve d’un sculpteur
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Avide d’un espace de liberté artistique et conscient du danger qui menace les monuments au sortir de la Révolution, François-Frédéric Lemot (1771-1827) achète le château de Clisson dans le but de le conserver et de l’intégrer à son vaste jardin paysager, idéalement composé, de l’autre côté de la Sèvre.
Logis-porte © Christiane Blanchard
Pris dans la tourmente des guerres de Vendée, Clisson et son château sont incendiés en 1793. Le sculpteur François-Frédéric Lemot achète le château en 1807, deux ans à peine après les terres de la Garenne. Il est ému et se passionne, au point de l’écrire, pour l’histoire de ces ruines qui évoquent pour lui l’époque des Croisés et la grande figure du connétable Olivier de Clisson, héros de la Guerre de Cent Ans.
Rempart sud © Christiane Blanchard
La ville est alors en pleine reconstruction et le château, ruiné, sert
de carrière de pierres que les habitants viennent piller. En acquérant
le château, Lemot met un terme à ce pillage : «
Affligé depuis longtemps de la destruction de presque tous nos édifices
gothiques, je m’empressai d’acheter celui-ci, dans l’unique intention
de conserver avec soin ce monument […] » FF Lemot, Notice historique sur la ville et le château de Clisson, 1812.
Clisson, vue prise des fossés du château du côté de l'esplanade, publié dans Nantes et la Loire-Atlantique...1850, lithographie de L.-A.Bicheois d'après Félix Benoist
Lemot s’applique à consolider les ruines et à apporter quelques
aménagements, parfois empreints de références italiennes (toits plats
en tuile ; piliers soutenant de la vigne, plantation de pins) en écho à
son parc de la Garenne. Au-delà de la sauvegarde du château, c’est
également comme « fabrique » que le sculpteur intègre les vestiges de
la forteresse à son projet de parc paysager, dans l’esprit des jardins
du XVIIIe siècle.
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