François-Frédéric Lemot (1771-1827)

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Portrait de François-Frédéric Lemot vers 1815 par Robert Lefèvre, Perpignan, Musée des Beaux-Arts Hyacinthe Rigaud

Sculpteur officiel de 1790 à 1827, Lemot contribue aux grands chantiers de l'Etat, traversant pas moins de huit régimes politiques différents, des lendemains de la Révolution à la Seconde Restauration. Il exerce aussi, au sein de l'Institut, une activité d'enseignant à l'Ecole des Beaux-Arts et de dessinateur officiel de médailles. Il fut proche de David, de Vivant-Denon, du pouvoir presque toujours…

Lemot est notamment connu pour le décor de la tribune d'orateur de la Chambre des Députés, et les statues équestres d'Henri IV (Paris, Pont-Neuf) et de Louis XIV (Lyon, Place Bellecour).

Sa carrière débute en 1790 avec son bas-relief en bronze Le Jugement de Salomon qui lui vaut le prix de Rome.
Il part alors séjourner à l'Académie de France à Rome et découvre les sites antiques, les jardins romains et les paysages d'Italie. Ce climat d'effervescence artistique est brusquement interrompu en 1793 par les émeutes antirépublicaines qui éclatent contre les Français.

La rencontre avec les Cacault à Rome : un amour de l'art partagé

Le diplomate d'origine nantaise, François Cacault (1743-1805), en mission auprès du Pape, est chargé de rapatrier les artistes français. Avec son frère Pierre Cacault (1744-1810), peintre, installé à Rome depuis vingt ans, il rentre en France et prépare son installation à Clisson en 1797.

Dès ses premières missions diplomatiques à Naples et à Florence, il a commencé à constituer une collection de peintures, sculptures et estampes : les deux frères projettent de créer un musée-école et de "contribuer à la diffusion du goût et de la beauté, et de favoriser l'étude".

Le musée est ouvert à Clisson en 1804 et ferme dès 1805, à la mort du diplomate. Les œuvres de la collection Cacault sont pour une grande partie conservées depuis 1810 au musée des Beaux-Arts de la ville de Nantes.

La découverte de Clisson en 1805
Une véritable amitié liait les deux frères et Lemot depuis leur rencontre à Rome.
Au printemps 1805, alors qu'ils souhaitent promouvoir leur musée et la ville de Clisson, les Cacault y invitent Lemot. Celui-ci est séduit par le site, frappé par "le grand caractère de ce paysage" où il trouve des émotions proches de celles qu'il a connues devant des paysages italiens et suisses.

Dès juin 1805, Lemot achète le "bois de la Garenne", l'une des anciennes réserves de chasse des seigneurs de Clisson. Peu à peu, des achats de terrains sur l'autre rive de la Sèvre permettent de constituer un domaine de treize hectares, aux perspectives exceptionnelles.

La création de ce parc est pour l’artiste officiel, soumis à de multiples contraintes de thème et de style, une formidable expérience de liberté… Jusqu’à la fin de sa vie, il s’attache à réaliser son « rêve italien », et donne forme à un domaine influencé par les jardins pittoresques de la fin du XVIIIe siècle et qui évoque l’Italie, notamment le site de Tivoli. Il ponctue le parc de « fabriques », constructions naturelles ou artificielles, pittoresques et symboliques, propices aux évocations historiques, artistiques ou littéraires, inspirées de l’Antiquité.

Une vocation artistique exceptionnelle pour Clisson
Le musée-école et le jardin pittoresque de Lemot auraient dû coexister, pour entretenir une rare émulation artistique. Les décès des Cacault en 1805, puis 1810, mirent un terme à un ambitieux projet.
Lemot cependant réussit à donner une place d'exception à Clisson dans le monde des arts, notamment à partir de 1817 lors de la publication des vues gravées d'après Thiénon.

L’acquisition des ruines du château médiéval par Lemot en 1807 traduit aussi le goût de l’artiste pour l’histoire nationale et plus particulièrement le Moyen Age, ce que son œuvre officielle ne lui avait pas permis d’exprimer…

Le désir de retraite à Clisson
Lemot était déjà propriétaire d'une villégiature dans l'Oise. Il a peu séjourné à Clisson, en dehors de sa présence régulière en juin, mais espérait s'y retirer et avait prévu un atelier dans sa villa. La veille de sa mort, ses terres de Clisson sont érigées en baronnie. Lemot, notable reconnu, aurait sans doute joué alors un rôle politique local… Une destinée qui est celle de son fils Barthélémy entre 1845 et 1881…

Bibliographie
En 2005, le Conseil général de Loire-Atlantique a consacré une exposition à l'oeuvre du sculpteur, et publié la première monographie consacrée à Lemot : François-Frédéric Lemot (1771-1827), Les œuvres officielles du sculpteur et leur histoire secrète.