La richesse de la flore

  • Imprimer
  • Partager

La correspondance de Lemot à son régisseur Gautret livre de nombreux détails sur la genèse du parc et les histoires d’une palette végétale patiemment élaborée. Lemot tient lui-même le rôle d’un paysagiste, et affirme des choix qui contribuent à l’identité de son jardin.

Plantations dans le cadre du plan de gestion du parc © Christiane Blanchard

La pépinière
Une vaste pépinière (près de 3ha), entourée de murs et dotée d’une pièce d’eau et de conduites souterraines, occupait dès 1807 l’actuel potager et rejoignait la maison du jardinier.
En pleine saison, Gautret dirigeait 12 à 15 personnes pour son entretien. L’approvisionnement en graines se faisait par Nantes et Paris (Thouin, Vilmorin-Andrieux). Les semis annuels, effectués en sillons, étaient destinés au parc (un projet de commercialisation des plants d’acacias et châtaigniers est abandonné en 1813).
L’espace, protégé, permettait d’acclimater certains plants. Une pépinière existe aussi au château.

Le choix des essences
Lemot et Gautret sélectionnent des essences arborées et arbustives préconisées par les théoriciens des jardins : acacias, aulne, bouleau, châtaignier, cèdre, charme, chêne, épicéa, érables, frêne, if, marronnier, mélèze, noyer, orme, peupliers, pins maritimes d’Italie et d’Ecosse, platane, saule, tilleul, if, vernis du Japon, sorbier, poirier et pommier, merisier des bois.
Aux arbres sont associés des arbustes et essences florifères : troène, houx, noisetier, lilas, genêt, rosier.
Les arbres persistants sont choisis pour faire écran au loin et donner l’illusion de la forêt, et au croisement de chemins.
Les rosiers sont introduits plus tardivement, vers 1814.
Les descendants de Lemot introduisent dès la fin du XIXe s des essences exotiques (cyprès chauve, sassafras, cèdre de l'Atlas).

Le pin et la vigne: une dominante voulue
« Je veux multiplier beaucoup cet arbre dans le parc et dans le pays, ce qui lui donnera tout à fait l’aspect de l’Italie
» (7 mars 1809)
Pour accentuer le caractère italianisant du site, Lemot demande dès 1809 que le pin soit planté massivement dans son domaine et aussi sur le coteau qui se trouve en face. Le pin est présent sous la forme du pin parasol (pinus pinea), du pin maritme (pinus pinaster), du pin sylvestre (pinus sylvestris).

Vers 1814-1819, il introduit à la Garenne, au château et chez son ami Valentin les piliers soutenant de la vigne en berceau et plante enfin, en 1827, 4 000 pieds de vigne sur le coteau ensoleillé de la villa …