Jean de Laval (1487-1543) et Françoise de Foix (1495-1537)

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Portrait de Jean de Laval (1486-1543) vers 1536, Jean Clouet (1475/1485-1540), Chantilly, Musée Condé, RMN / René-Gabriel Ojéda

Jean de Laval

Petit-fils de Françoise de Dinan, Jean de Laval reçoit la baronnie de Châteaubriant à l’âge de 16 ans. C’est Anne de Bretagne qui organise en 1505 ses fiançailles avec la très jeune Françoise de Foix à laquelle elle accorde une dot importante.

Préoccupé par le rattachement de la Bretagne à la France, François Ier fait venir Jean de Laval à la cour après le décès d’Anne de Bretagne. Dame d’honneur de la reine Claude, Françoise devient la favorite du roi et exerce sur lui une influence considérable.

Après avoir guerroyé en Italie, Jean revient en France en 1524 et commence à Châteaubriant les travaux du logis Renaissance. Bénéficiant toujours de la protection du roi, il est nommé gouverneur de Bretagne de 1531 à 1543 et fait voter l’union de sa province à la France.
Peu apprécié, il est soupçonné de détourner des fonds au profit de la construction de son nouveau château.

En 1525, Françoise de Foix est écartée de la cour et rejoint son mari à Châteaubriant. Sa liaison avec le roi et sa mort ont donné naissance à la légende* qui marque toujours l’histoire castelbriantaise.


Madame de Châteaubriant, anonyme, Paris, Musée du Louvre, D.A.G., RMN / Michèle Bellot Françoise de Dinan

Françoise de Foix

Françoise de Foix meurt dans la nuit du 16 octobre 1537. Rapidement court la rumeur de son assassinat par son mari jaloux de sa liaison avec François Ier. De nombreux auteurs s’emparent très tôt de la légende et racontent qu’elle aurait été retenue prisonnière dans une chambre du château avant d’être empoisonnée ou saignée, selon les versions, sur ordre de son époux.

Depuis, chaque nuit du 16 octobre, le château est, dit-on, la scène d’une étrange procession. Dès le premier coup de minuit, précédés de prêtres et de chevaliers, François Ier et Françoise de Foix gravissent l’escalier d’honneur, suivis par Jean de Laval, tenu en chaîne par des démons. Il soulage ses pieds brûlants dans une mare de sang. Au douzième coup, le sinistre cortège quitte les lieux, suit les arcades et se fond doucement dans les ténèbres.