Armateur "malgré lui" 1828-1838
Thomas Dobrée n'a que dix-huit ans à la mort de son père, en décembre 1828. Tout juste bachelier, il s'initie aux activités de la société Veuve Dobrée et Cie. Les conseils de Dubois-Viollette, ancien collaborateur de son père, et ceux de Frédérick de Coninck, présent depuis 1812, permettent de maintenir les activités d'armement : chasse à la baleine, armement de navires à destination des côtes sud-américaines et de Java, projet de création d'une ligne de navigation Nantes-les Antilles.
En 1833 , le tutorat exercé par Frédérique Möller s'achève. Thomas Dobrée poursuit son activité au sein de la Société Thomas Dobrée et Frédérick de Coninck. De 1833 à 1836, cette société arme des navires pour la pêche à la baleine, ou à destination de Ceylan et Singapour, des Antilles, de Batavia. Frédérick de Coninck (1805-1874) est un ami autant qu'un associé. Il descend d'une famille de huguenots réfugiés aux Pays-Bas puis au Danemark, et vit à Nantes depuis 1802. Au début du règne de Louis-Philippe, les activités industrielles prennent peu à peu le pas sur les activités traditionnelles d'armement. En 1832, le nouveau maire de Nantes, Ferdinand Favre, est un industriel. A partir de 1837, la Société Dobrée et de Coninck tente de nouvelles opérations. Elle apporte son soutien à l'installation nantaise d'une filature de lin et de chanvre et d'une manufacture de toiles à voiles (11 rue Menou) : l'opération échouera et se terminera par un long procès (1837-1844). Elle s'associe le 31 octobre 1837 avec Charles Bonamy et Gustave de Coninck pour l'exploitation d'une fabrique de savon de palme et de bougie stéarique à la Morinière (commune de Rezé). Tandis qu'en 1838 partent trois derniers navires de l'armement Dobrée (La Jeune Eugénie, le Jeune Frédéric et le Navigateur), la société Thomas Dobrée, de Coninck et Cie va vers une cessation d'activités. La liquidation est effectuée le 31 décembre. F. de Coninck part au Havre, où il poursuit des activités commerciales. Thomas (II) Dobrée privilégie les spéculations sur les chanvres de Russie, sur le café, sur le poivre, et devient actionnaire de la Banque du Havre et de la Banque de Nantes. Le passage de l'activité d'armateur à celle de gestionnaire se fait progressivement, favorisé par l'évolution économique locale, et par de profondes convictions personnelles. Destiné à l'activité d'armateur, Thomas (II) Dobrée fut aussi, en même temps, un jeune homme épris d'art et de savoir, découvrant à Paris de 1830 à 1832 les ateliers de maîtres, les musées, les bibliothèques, les expositions aux salons, les amateurs... Cette vie, vécue parallèlement aux activités menées par sa mère et son associé à Nantes, devait être déterminante. En 1836, Thomas (II) a épousé Jane Walsh. La vie de l'armateur s'estompe. Sa vocation est ailleurs... Nouveau maître du Grand-Blottereau depuis 1835, le notable fortuné affirme sa vocation de collectionneur.
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