Michelle Boutin : deux enfants adoptés ont une histoire commune
Sensibilisée depuis longtemps aux questions de l’adoption, Michelle Boutin nous explique le rôle central que joue le Conseil général auprès des futurs parents à toutes les étapes de cette aventure.
Sensibilisée depuis longtemps aux questions de l’adoption, Michelle Boutin nous explique le rôle central que joue le Conseil général auprès des futurs parents à toutes les étapes de cette aventure.
Conseil général - Quelles sont les principales actions du Conseil général en faveur de l’adoption ?
Michelle Boutin - Notre première mission est de nous occuper des enfants pupilles de l’Etat. Il peut s’agir d’enfants abandonnés par leurs parents à la naissance, ou d’enfants devenus adoptables par une décision de justice. L’enfant est préparé à son adoption. Puis après décision du Conseil de famille, nous accompagnons la rencontre de l’enfant avec ses parents d'adoption et la mise en place de la famille.
Notre deuxième mission est de délivrer aux familles l’agrément, préalable indispensable pour adopter. La procédure dure neuf mois. Pendant cette période, un travailleur social et un psychologue du Conseil général ont des entretiens avec les postulants à l’adoption. Ils évaluent les garanties affectives, psychologiques et matérielles nécessaires à l’accueil d’un enfant adopté. Si les candidats reçoivent l’agrément, ils disposent ensuite de cinq ans pour concrétiser leur projet.
Au-delà de l’agrément, le Conseil général accompagne les adoptants dans la réalisation de leur projet par des entretiens, des temps d’échanges et d’information collectifs.
"Le Conseil général accompagne les adoptants dans la réalisation de leur projet"
CG - Un enfant adopté à l’étranger ou en France, est-ce que ce sont deux histoires différentes ?
MB - Le contexte est différent : en France, la protection de l’enfance est organisée et dispose de moyens pour préparer les enfants à l’adoption. À l’étranger, ce n’est pas toujours le cas. De plus, les enfants nés à l’étranger doivent s’adapter à leur nouvel environnement sensoriel : paysages, nourriture, couleurs, vêtements, et même la langue pour les plus âgés.
Cependant, l’histoire intime de ces enfants reste la même, qu’ils soient nés en France ou à l’étranger. Deux enfants adoptés auront une histoire commune à se raconter. Ils ont été l’un et l’autre confrontés à la séparation d’avec leurs parents de naissance. Ils ont connu une situation d’attente avant d’arriver chez leurs parents d’adoption. La création du lien avec les parents d’adoption ne sera pas différente.
"Deux enfants adoptés auront une histoire commune à se raconter"
CG - Pourquoi le Conseil général s’occupe-t-il maintenant beaucoup plus de l’adoption internationale ?
MB - La loi de 2005 sur l’adoption a de fait impliqué le Conseil général dans l’adoption internationale. D’abord, par un engagement des suivis de placement des enfants et des parents à leur arrivée en France pour une durée variable et fixée par le pays d’origine. Ensuite, par la création de l’Agence française de l’adoption (AFA), qui a obligé chaque Conseil général à désigner un correspondant départemental pour assurer l'interface avec cette agence.
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