Dobrée : les martinets noirs ont pu nicher malgré le chantier

Publish on 07/11/2022

Les martinets noirs nichent chaque été dans la tour Dobrée
Les martinets noirs nichent chaque été dans la tour Dobrée © Willy Berré

Les grands chantiers ont tous leur lot de complications. L'une des plus inattendues de celui du Musée Dobrée est la présence de martinets noirs, qui nichent chaque été dans la tour Dobrée. Afin de ne pas détruire l’habitat de cette espèce protégée, le Département a sollicité les conseils d’un bureau d’étude environnement.

Comment réaliser la restauration de la tour du palais Dobrée sans nuire aux martinets noirs qui viennent apparemment y nicher chaque printemps ? Contacté en décembre par le Département, le cabinet Biotope est intervenu pour faire des préconisations aux équipes de Bouygues, maître d'œuvre du chantier.

Les martinets noirs sont des migrateurs qui traversent toute l'Afrique pour venir se reproduire en Europe, explique Julien Mérot, écologue du cabinet Biotope. Ils arrivent entre fin avril et début juin et repartent fin août début septembre. La tour devait être restaurée justement à cette époque. Nous avons donc proposé de modifier le phasage du chantier.

Julien Mérot, écologue du cabinet Biotope
Julien Mérot, écologue du cabinet Biotope © Département de Loire-Atlantique

C'est donc par la tour que les travaux de restauration ont démarré, afin de la libérer totalement des échafaudages début juin. Les étages du haut ont été enlevés dès le 25 avril pour l’arrivée des premiers membres de la colonie. Au nombre de 14 couples dans la tour, les martinets noirs ont visiblement pu nicher sans encombres.

Des nids supplémentaires pour les prochaines années

Pour créer d’autres lieux propices à la nidification, le Département a demandé à Bouygues de rétrécir certaines des cavités existantes dans les murs externes du manoir Jean V. Appelés trous de boulins, ces petites niches sont un héritage des chantiers du Moyen-Âge. Elles permettaient de caler des poutres pour monter des échafaudages de l’époque. Une dizaine a été réduite de 2/3 pour constituer des espaces destinés aux martinets noirs et aux chauves-souris. À voir combien de temps ces petites bêtes mettront pour s’approprier ces nouveaux nids.

Une espèce protégée

Le Département avait comme devoir de protéger les habitats des martinets, dont la population dégringole selon les derniers constats, ajoute Julien Mérot. Mais il y a également le bon sens qui nous incite à protéger le patrimoine naturel autour de nous. La question a été traitée à temps et les nichoirs ont été préservés. C’est l’idéal qui s’est passé sur ce chantier.

Les martinets noirs mettent huit semaiens à prendre leur envol après leur naissance. Il y a parfois deux mois entre les premières et les dernières naissances d’une colonie. On compte généralement 2 à 3 poussins par couvée. C’est assez faible mais ce sont des oiseaux qui vivent longtemps, environ 10 ans. Leurs migrations annuelles entre le sud de l’Afrique et l’Europe leur feraient parcourir la distance Terre Lune au cours de leur existence.

Thomas Dobrée, l'homme qui aimait les martinets

Comme d’autres, les martinets sont des espèces anthropophiles, qui se sont adaptées aux milieux bâtis par les êtres humains depuis des siècles. Des bâtiments constituent donc souvent de nouvelles niches écologiques. Des archives découvertes récemment ont dévoilé que c'est dans cet objectif que Thomas Dobrée avait créé des interstices dans la tour de son palais. Il voulait voir nicher les martinets dans son domaine. Pari réussi !

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