Élise Hallab, artiste résidente de la Casa de Velázquez 2023

Publish on 04/09/2024

Élise Hallab à la Casa de Velázquez
Élise Hallab à la Casa de Velázquez © Grégory Valton

Plasticienne nantaise, Élise Hallab a passé trois mois en résidence à la Casa de Velázquez avec le soutien du Département de Loire-Atlantique. La restitution de son travail à Madrid sera présentée à La Maison de l'architecture des Pays de la Loire du 18 avril au 31 mai.

Artiste sérigraphe d’origine angevine, Élise Hallab est une adepte des encres végétales.

J’ai commencé à les utiliser en 2015, lors d’une résidence à Lisbonne. Et je n’ai plus arrêté.

Un compromis réussi entre ses appétences pour l’art et la biologie, discipline qu’elle avait hésité à suivre à l’issue d’un bac scientifique.

Mais l’art m’a rattrapée

confime la plasticienne de 35 ans, qui s’est spécialisée dans la sérigraphie après ses études aux Beaux Arts de Brest puis de Nantes.

Technique punk

« J’aime la technique punk de la sérigraphie, qui permet de créer de l’unique avec un procédé multiple. » Cette technique d’impression à l’aide d’un écran en soie ou papier travaillé comme un pochoir implique en effet plusieurs étapes de la part des artistes. Élise Hallab en a ajouté une en fabriquant elle-même ses encres.

Comme en cuisine je suis les saisons et je crée mes encres au gré de mes collectes de végétaux dans la nature ou les jardins. J’ai appris en autodidacte. Les couleurs sont extraites en chauffant les végétaux dans de l’eau puis en réduisant le jus obtenu (comme en cuisine) pour intensifier la teinte. C'est un luxe de pouvoir créer soi-même ses encres et ses teintures.

Jus de grenades mollar
Jus de grenades mollar © Grégory Valton

Au fur et à mesure, les végétaux sont devenus autant des matériaux que des sujets de représentation : une combinaison s’opère entre les plantes et l’espace qu’elles permettent de colorer.

« Cette pratique m’a amenée vers l’univers du Jardin, que j’essaie de restituer à travers mon travail de sérigraphie » précise l’artiste, nantaise depuis une petite dizaine d’années.

La lumière du jardin

Et c’est justement à Nantes qu’a lieu sa prochaine exposition, La lumière du jardin, restitution de sa résidence de trois mois à la Casa de Velázquez, à Madrid, de septembre à décembre derniers (infos pratiques ci-après).

Côté saison, les œuvres auront donc une tonalité automnale. Côté inspiration, les jardins de Madrid ainsi que ceux de l’Alhambra seront à l’honneur.

« Mon idée directrice a été "comment voit-on le jardin par le prisme d’un moucharabieh ?" J’ai arpenté les jardins historiques et communautaires des alentours de Madrid pour trouver la matière première végétale. Et les moucharabiehs de l’Alhambra m’ont beaucoup inspirée. »

La géométrie des motifs andalous imprègne effectivement toutes les sérigraphies de sa résidence madrilène. La matière première est constituée de peaux de grenades Mollar, d’écorce d’eucalyptus, de fleurs de sophora et de bogues de châtaigniers. Élise Hallab a par ailleurs choisi un papier très fin, qui laisse passer la lumière de façon homogène, sur le modèle des cloisons japonaises.

© Grégory Valton

« Je cherchais de la translucidité à travers la couleur. » Ses jeux avec la lumière révèlent les richesses géométriques et colorées des ornements et des jardins et nous offrent une nouvelle traduction des paysages. À découvrir grandeur nature dès le 18 avril à la Maison de l'architecture à Nantes.

Exposition La lumière du jardin

Dates : du 18 avril au 31 mai.

Horaires : du mardi au vendredi de 14h à 17h30 (jeudi jusqu'à 20h). Vernissage le 17 avril à 18h30.
Lieu : Maison de l’architecture des Pays de la Loire, 28 Rue Fouré à Nantes.

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