Louise Michel : un collège sang gênes !

Publish on 01/22/2021

Les collégien·nes du collège Louise Michel de Paimboeuf découvrent les protections périodiques.
Les collégien·nes du collège Louise Michel de Paimboeuf découvrent les protections périodiques. © Paul Pascal

Les 14 et 15 janvier, au collège Louise Michel de Paimboeuf, se déroulaient les journées Sang gêne, consacrées au cycle menstruel des femmes. Véritable temps fort du collège, cet événement, destiné aux filles comme aux garçons, a pour objectif d’en finir avec le tabou des règles !

Coupe menstruelle, culotte de règles, éponge périodique, tampons, serviettes lavables, serviettes jetables : ce jour-là, au collège Louise Michel de Paimboeuf, c’est une exposition pour le moins « franche du collier » qui se déroulait sous les yeux mi-rieurs mi-ébahis des élèves.
L’année dernière, Gaëlle Dubois, la CPE de l’établissement, sensibilisée à la problématique de la précarité menstruelle, a décidé de lancer un projet visant à parler des règles à différentes classes du collège. Rapidement, un groupe de professeur·es, issu du collectif Louise = Michel, œuvrant à l’égalité entre les filles et les garçons, ainsi que l’infirmière scolaire se sont mobilisé·es pour imaginer le déroulé de cette journée.
Cette année, deux autres établissements ont rejoint le projet, le collège Jean-Moulin de Saint-Nazaire et le collège Julien-Lambot de Trignac.

Toucher tampons, serviettes et culottes menstruelles

L’année dernière, on s’est rendu compte que c’était un petit peu trop court et que les élèves ne profitaient pas pleinement de ce qu’ils apprenaient lors de cette exposition, alors nous sommes passés d’une heure à deux. On s’est aussi rendu compte qu’il y avait beaucoup de choses à lire en autonomie et que les élèves passaient à côté de certaines infos

, explique Annabelle Couedel, l’infirmière du collège.

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L’accent a donc été mis sur l’interactivité. Les élèves se voient proposer, au cours de leur parcours dans l’exposition, de jouer à différents jeux revisités : un timeline reprenant les différentes inventions de protections hygiéniques à disposer chronologiquement, un mémo autour des noms donnés aux règles, des quiz… Mais surtout, le parcours invite l’élève à toucher des tampons, à mettre une serviette hygiénique dans une culotte et à regarder, à partir de pipettes de faux sang, la quantité perdue en moyenne par les femmes chaque mois.

Autre outil indispensable de l'infirmière, son fameux tablier lui permettant d'expliquer d'une manière très visuelle, le cycle menstruel féminin :


Par rapport à d'autres supports utilisés par mes collègues, j'ai remarqué que ce tablier, trouvé au Planning familial belge, marquait les esprits !

Regard porté sur les menstruations dans le monde, fonctionnement du cycle menstruel, fausses croyances sur les règles, tour d’horizon des artistes travaillant sur le sujet des menstruations… Archi complète, l’exposition offre aux jeunes visiteurs et visiteuses une myriade d’informations éclairantes.

Un apprentissage destiné aussi aux garçons

Pour les professeur·es à l’origine de cette journée de sensibilisation, l’enjeu était d’informer autant les filles que les garçons sur ce sujet. Dès le début de la séance, le ton est donné : « Comprendre les règles peut vous aider à informer vos petites sœurs, vos futures filles… ou à échanger avec vos petites copines ! »… L’argument fait mouche. Et Annabelle Couedel en atteste, les garçons aussi montrent une vraie curiosité pour le sujet :

En tant qu’infirmière, je suis surtout sollicitée par les jeunes filles qui n’ont pas suffisamment de protections pour la journée, par des élèves de 6e qui s’inquiètent de savoir si leurs règles vont arriver, ou par des élèves plus âgées, qui se demandent pourquoi elles n’ont toujours pas leurs règles. Il s’agit beaucoup de les rassurer. Et je m’étais déjà rendu compte les années passées, en intervenant dans les écoles, que les garçons étaient très très attentifs quand je parlais des règles. Ils étaient très demandeurs d’informations car finalement, les parents informent leurs filles mais très peu leurs garçons.

"Je n'ai pas été prévenue que les règles pouvaient arriver si tôt"

Swann, élève de 5e, admet qu’au début, il était « un petit peu gêné » par cet atelier, sans trop savoir pourquoi. Deux heures plus tard, il affirme avoir « bien aimé » l’exposition et y avoir trouvé des informations plutôt intéressantes.

Les filles, elles, se montrent ravies de pouvoir enfin parler de ce sujet devant et avec les garçons. Kalia, 13 ans, témoigne de son inquiétude permanente d’être moquée par des garçons « dégoutés » par les menstruations. Pour éviter cela, elle explique ne jamais baisser la garde les jours de règles ! Plus qu'un projet d'égalité, parler des règles aux jeunes filles leur permet de mieux appréhender cette étape de leur vie :

Je n'ai pas été prévenue que les règles pouvaient arriver si tôt, explique Kalia. Quand je les ai eues, j'étais choquée.

Pour lutter contre ces inquiétudes et permettre à chacun de banaliser le sujet des règles, ces journées s'avèrent être une première bonne solution.
Le collège Louise Michel fait aussi partie des établissements pilotes ayant reçu des distributeurs de protections périodiques par le Département de Loire-Atlantique, dans le but de lutter contre la précarité menstruelle.


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