Précarité menstruelle : le Département s'engage

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© ljubaphoto - iStockphoto

En France, près de deux millions de femmes et jeunes filles rencontrent des difficultés financières pour se procurer les protections hygiéniques nécessaires pendant leurs règles. Un phénomène encore tabou qui isole, exclut et peut être un danger pour la santé. Le Département de Loire-Atlantique a décidé de s'engager pour lutter contre cette précarité avec un plan d'actions qui démarre en novembre.

Le Département de Loire-Atlantique est l’un des premiers Départements de France à s’engager dans la lutte contre la précarité menstruelle, véritable enjeu de santé publique. Il passe à l’action dès cette année pour briser les tabous liés aux règles, sensibiliser toutes les générations et accompagner les jeunes filles dès le collège ainsi que les femmes en situation de précarité.

Exclusion et santé

La dépense moyenne à l'échelle d'une vie est estimée à environ 4 500 € : un budget non négligeable qui peut passer au second plan quand on est dans la précarité. Selon un sondage Ifop réalisé en 2019, 39% des femmes les plus précaires ne disposent pas suffisamment des protections hygiéniques nécessaires. Plus d'une femme sur trois ne change pas assez de protection ou a recours à des protections de fortune. Ces données concernent aussi les jeunes filles.

Les conséquences directes :

  • l’absentéisme et l’exclusion sociale en raison des renoncements à se présenter au travail ou en cours,
  • des problèmes de santé liés au manque de changement des protections (infections, septicémies....)

Donner accès aux protections féminines et lever le tabou des règles

Le Département de Loire-Atlantique a décidé d’accompagner cette prise de conscience collective qui émerge, et s’engage pour lutter contre la précarité menstruelle. Il va intervenir précisément :

Dès le collège avec une expérimentation à compter de novembre 2020 dans 8 établissements* avec :

  • l'installation de distributeurs de protections féminines gratuites dans les établissements (probablement dans les toilettes),
  • la distribution de kits premières règles gratuits aux collégiennes de 6e des établissements pilotes,
  • des actions de sensibilisation sur les menstruations avec une visée pédagogique pour les filles et les garçons.
  • l’installation de distributeurs gratuits dans des lieux accueillant du public. Deux espaces départementaux des solidarités (EDS), un établissement de la protection de l’enfance et deux instituts médico-éducatifs, seront équipés courant 2020.
  • En organisant début novembre une collecte grand public de protections hygiéniques dans différents lieux de Loire-Atlantique avec les associations partenaires : Saint-Benoît-Labre, le Secours populaire, la Croix Rouge Française, le Planning Familial, Parrains par Mille, les Restos du Cœur, l’Espace Simone de Beauvoir. Tous les dons seront reversés aux associations caritatives qui constituent un maillon essentiel de la redistribution des produits auprès des publics précaires isolés.
  • La sensibilisation du public à la question de la précarité menstruelle et des règles pour lever les tabous qui perdurent.

Huit collèges publics « pilotes »

8 collèges sont concernés par l’expérimentation qui sera lancée à la rentrée de septembre 2020 : Stendhal à Nantes, Rosa- Parks à Nantes, Bellevue à Guémené-Penfao, Pierre- Abélard à Vallet, Louise- Michel à Paimboeuf, Louis Pasteur à Vallons de l’Erdre, Pierre- Norange à Saint-Nazaire et Isabelle Autissier à Nort-sur-Erdre. D'autres structures participeront également à l’expérimentation : deux espaces départementaux des solidarités (EDS), et trois lieux d’accueil caritatifs seront équipés courant 2020.

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