Des souvenirs pour mieux se construire

Des assistantes familiales présentent un objet du souvenir : ici un arbre de vie
Des assistantes familiales présentent un objet du souvenir : ici un arbre de vie © Paul Pascal / Département de Loire-Atlantique

Pour se contruitre, il est important que l'enfant puisse faire des liens entre son passé, son présent et son devenir, déclarait le psychiatre et psychanalyste Serge Hefez, lors de son intervention aux Assises nationales de la protection de l'enfance à Nantes en 2018. Des professionnelles des services de l'Aide sociale à l'enfance du Département ont conçu un guide de création d'objets du souvenir pour permettre aux enfants confié·es de se raconter maintenant, pour plus tard.

«Je ne sais pas ce qui s’est passé pour moi, quand j’étais petite.»

Ces mots reviennent souvent chez des adultes témoignant de leur parcours d’enfants confié·es très jeunes à des familles d’accueil ou établissement de la protection de l’enfance. Quels souvenirs, quels objets ont pu être conservés au gré de leurs différents placements ? C’est pour combler ce vide que l’unité nantaise d'accueil familial (famille d’accueil) du Département a créé un guide pour élaborer des objets de souvenirs.

«Albums de vie, boîtes à trésors, arbres de vie, l’objectif est de proposer aux professionnel·les des idées d’objets permettant aux enfants de collecter des souvenirs,

explique Maryline Héron, assistante sociale du Département qui a créé le groupe de travail avec des assis-tantes familiales, dont Sylvie Delreux, qui en fabrique depuis déjà plusieurs années avec les enfants qui lui sont confié·es.

« Si chacun·e le faisait, ce serait formidable, car il peut y avoir beaucoup de ruptures dans les parcours d’enfants.»

Elle et sa collègue Marie Plouhinec ont travaillé sur l’ouvrage pendant plusieurs mois, avec une designeuse de service.

«Il s’agit d’un guide, et pas d’un tutoriel directif. Un outil pour voir comment réussir à travailler l’histoire de l’enfant en l’impliquant, ainsi que ses parents, s’ils sont d’accord.»

Les parcours étant très variés, il n’y a pas de voie toute tracée,

« mais c’est aussi un moyen supplémentaire de passer du temps, de donner de l’attention et de l’affection aux enfants que nous accueillons »

précise Sylvie Delreux.

Bientôt distribué, sous réserve du Covid, le guide sera probablement complété par des ateliers pratiques au cours desquels les assistants et assistantes familiales pourront se former et échanger sur ces objets du souvenir.

« C’est destiné à devenir un acte professionnel majeur de notre métier »,

conclut Marie Plouhinec.

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