Ronan Pallier se prépare déjà pour Paris 2024

Publish on 10/04/2021

Ronan Pallier a sauté à plus de 6 m aux Jeux Paralympiques de Tokyo
Ronan Pallier a sauté à plus de 6 m aux Jeux Paralympiques de Tokyo © YKellerman

L'athlète nantais Ronan Pallier a remporté cet été sa deuxième médaille de bronze aux Jeux Paralympiques. Privé de 99 % de sa vision à cause d'une maladie génétique, il parvient à courir à plus de 37 km/h et à sauter à plus de 6 m. Celui qui s'entraîne quotidiennement à la salle Pierre-Quinon de Nantes espère être encore à son meilleur niveau pour les Jeux de Paris en 2024. Après une petite pause pour reposer son corps, il a repris l'entrainement, avec le même enthousiasme.

Tous les jours, avec la régularité d'un métronome, Ronan Pallier se rend à l'entraînement de son club d'athlétisme, le stade Nantais Athletic club. Avec toujours des objectifs ambitieux :

Je connais bien mon corps et je me prépare pour être prêt lors des grands événements. Là, je suis en début de saison, je sais que je ne dois pas être performant tout de suite mais construire des bases solides.

Cette préparation minutieuse lui a permis d'être à son meilleur niveau fin août, lors du concours du saut en longueur en catégorie non-voyant. Il a réalisé un bond à plus de 6 m, lui octroyant la médaille de bronze.

Le jour du concours, j’avais trop d’énergie. J’ai fait une course d’élan très rapide, deux km/h plus vite que d’habitude, mais cette vitesse a perturbé mon saut et mes repères, j’ai dû prendre mon impulsion sur mon mauvais pied d’appui. Je saute quand même à 6,15 m, ce qui me permet d’obtenir la médaille de bronze.

La vitesse de sa course d'élan a été mesurée à plus de 37 km/h, une vitesse de très haut niveau, proche de celle de Kylian MBappé, sur un terrain de football. Pas mal pour un athlète de 51 ans, qui court sans rien voir.

Un handicap soudain

Atteint d’une maladie génétique rare à la rétine, il a perdu en quelques jours, à l’âge de 31 ans, 99% de son champ de vision, alors qu’il voyait très bien auparavant. Sa maladie dégénérative ne le rend pas tout à fait aveugle. « Je perçois encore les variations de lumière, quelques ombres, raconte-t-il. Je m’accroche à ce rayon de lumière, que je distingue encore. Il n’est pas plus gros que le chas d’une aiguille mais il me donne de la force. »

Quand il saute, lors d’un concours, il se couvre entièrement les yeux avec des caches opaques, afin que tous les participants, malvoyants, assez malvoyants ou complètement aveugles, concourent dans les mêmes conditions. Il est guidé par la voix et les applaudissements de son entraineur, qui lui donne les indications pendant sa course d’élan, pour savoir à quel moment sauter.

Ronan Pallier, lors du concours de saut en longueur de Tokyo
Ronan Pallier, lors du concours de saut en longueur de Tokyo © YKellerman

Il travaille pour améliorer les transports en commun

Avant l'apparition de son handicap, Ronan Pallier a exercé le métier de conducteur de bus pour des touristes. Sur le conseil d’un ami, il vient s’installer à Nantes pour conduire bus et tramway dans la métropole. Puis, avec le début de son handicap, il change encore de cap, mais toujours dans le domaine des transports. " Je suis chargé de mission auprès de la Semitan, qui organise les transports de l’agglomération nantaise. J’évalue la qualité de l’accessibilité du réseau de transports pour les personnes en situation de handicap. Dans mon sport, je ne peux pas vivre de mes performances." Comme une vingtaine de sportifs et sportives du monde amateur, Ronan Pallier bénéficie du soutien du Département pour pouvoir s'acheter de l'équipement, ou s'entraîner dans de bonnes conditions.

Pour en savoir plus

Plus d'informations sur le soutien du Département aux athlètes amateur·es

Un palmarès dans la durée

Ronan Pallier a participé à trois jeux Paralympiques (2004, 2008 et 2020) et remporté deux médailles de bronze. En 2008, à Pékin, il a gagné cette récompense avec l'équipe du relais du 4X100 m en étant le dernier relayeur. Durant cette grosse quinzaine d'années, il a su perséverer et continuer ses efforts, dans la durée. Courir longtemps pour un sprinteur, c'est déjà une sacrée performance.

Ronan Pallier et son assistant Gauthier, sur le podium
Ronan Pallier et son assistant Gauthier, sur le podium © YKellerman

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