© Paul Pascal / Département de Loire-Atlantique

Le Département restaure l’écluse et la Chaussée des Moines à Vertou

Publish on 04/01/22

Propriétaire et gestionnaire des ouvrages sur la Sèvre Nantaise, le Département restaure l’écluse de Vertou, la Chaussée des Moines et la continuité écologique en construisant une passe à poissons.

La Chaussée des Moines, un patrimoine millénaire

Vers l’an 1000, les moines bénédictins de l’abbaye Saint-Martin-de-Vertou construisent un gué reliant à pieds secs les deux rives de la Sèvre nantaise. Plus tard, les religieux ont aménagé la chaussée, l’écluse et des moulins. Ils percevaient des taxes sur les marchandises qui franchissaient la chaussée et louaient aux meuniers le moulin à eau.

La chaussée joue également un rôle de barrage, maintenant en amont une hauteur d’eau suffisante pour permettre la navigation jusqu’à Monnières et Château-Thébaud.

Le chantier de restauration se termine

Il a pour objectif d’améliorer l’aspect général de la Chaussée des Moines sans en modifier profondément la structure. Au cours du temps, l’ouvrage a été dénaturé par des consolidations en béton. Quelques désordres seront également restaurés : pierres manquantes, défaut de parafouille (rideau de protection sous la fondation pour éviter un écoulement d'eau)…

Les travaux réalisés entre fin juin et mi-septembre 2021 :

  • Nettoyage, piquage et rejointoiement sur l’ensemble de la surface de parement maçonné ;
  • Reconstitution d’un parement maçonné en remplacement des zones bétonnées ;
  • Obturation et remblaiement de l’ancienne passe à civelles hors d’usage et réalisation d’un parement maçonné en surface ;
  • Reprise de la poutre longitudinale et du pied d’ouvrage en aval de la chaussée ;
  • Suppression d’anciens éléments bétons en pied d’ouvrage remplacés par des blocs d’enrochements.

Lors du nettoyage du parement de la chaussée, la maçonnerie découverte s’est révélée très dégradée nécessitant sa reconstitution.

Une passe à poisson pour restaurer la libre circulation des migrateurs

Reprise des travaux de construction de la nouvelle passe à poisson

Une dalle de béton de 2 mètres d’épaisseur empêchant totalement la réalisation du barrage provisoire par un rideau de palplanches a été détectée lors des travaux de la passe à poissons.

Face à ces imprévus, le chantier a dû être interrompu plusieurs mois et sera prolongé jusqu'en juillet 2022.

Les travaux reprennent en décembre 2021 avec la destruction de la dalle en béton. Conscient de la gêne occasionnée, le Département met tout en œuvre pour minimiser l’impact sonore de ces travaux.

Anguille, barbeau, brochet, vandoise… Ces poissons qu’on trouve dans la Sèvre voyagent entre la mer et l’eau douce pour accomplir leur cycle de reproduction. La Chaussée des Moines constitue un obstacle pour ces voyages, ainsi que pour les sédiments, sables et autres limons qui contribuent à l’équilibre écologique de la rivière. La construction d’une nouvelle passe à poissons va permettre cette continuité écologique.

Comment ça marche ?

Guylain Anguil, chef de projet chez Arcadis ESG, maître d’œuvre des travaux, détaille son fonctionnement : "La passe à poissons est un plan incliné qui compense la différence de hauteur de chute entre l’amont et l’aval de la chaussée et de l’écluse. Les plots qui la constituent permettent non seulement aux poissons de se faufiler pour remonter le courant mais aussi de contrôler la vitesse d’écoulement et le niveau de l’eau. Une passe à civelles, alevins de l’anguille, équipée d’un tapis brosse, et grillagée pour empêcher le braconnage, la complète."

La Chaussée des Moines est, après le barrage mobile de Pont-Rousseau, au confluent de la Sèvre nantaise et de la Loire, le premier verrou de la rivière. La passe a été conçue sur les capacités de franchissement des anguilles, des brochets, des barbeaux et des vandoises. Si ces espèces la franchissent, toutes les autres le peuvent. Le rétablissement de la libre circulation des poissons va permettre aux brochets, notamment, de coloniser le bassin versant, en rejoignant notamment les zones de frayères des zones humides restaurées au Portillon. Les aloses pourraient faire de même et remonter la Sèvre nantaise jusqu’à Clisson où étaient installées des pêcheries de ce poisson migrateur, jusqu’au début du XXe siècle.

Vincent Mouren, directeur de la fédération pour la pêche et la protection du milieu aquatique de Loire-Atlantique.

Les étapes du chantier

Les travaux préparatoires, l'installation d’une estacade (plateforme surélevée) et le préforage pour détruire la dalle de béton dans l’eau se dérouleront au mois de décembre 2021. En raison des imprévus liés à la réalisation de la passe à poissons, les étapes suivantes du chantier sont décalées et seront réalisées entre janvier et juillet 2022.

  • 1 - Réalisation d'un barrage provisoire avec un rideau de palplanches
  • 2 - Enceinte étanche asséchée par pompage
  • 3 - Pêche de sauvegarde des poissons piégés dans le barrage par la Fédération de la pêche de Loire-Atlantique
  • 4 - Fouilles archéologiques
  • 5 - Comblement des fouilles archéologiques avec des remblais insensibles à l'eau
  • 6 - Pose d'un remblai drainant et d'une dalle en béton armé (40 cm d'épaisseur)
  • 7 - Création de plots béton à tête pyramidale
  • 8 - Pose de petits blocs ancrés sur la dalle béton pour créer une rugosité
  • 9 - Installation d'un tapis brosse à gauche de la rampe pour permettre aux civelles de franchir la passe à poissons
  • 10 - Réalisation de 2 murs maçonnés en amont et en aval de la passe à poissons

Les fouilles archéologiques

Avant d’entreprendre la restauration de l’écluse et la construction de la passe à poissons, le pôle archéologie du Département va réaliser des fouilles archéologiques. Elles permettront de mieux comprendre l’histoire de la Chaussée et de la Sèvre nantaise.

Sur la chaussée, nos observations et les prélèvements de matériaux, mortier, charbon… devraient nous permettre de comprendre sa construction et ses éventuels aménagements au fil des siècles. Dans la zone de l’écluse, mise à sec, nous pourrions mettre au jour des aménagements antérieurs avec la possibilité de découvrir des vestiges en bois, matériau qui, dans un milieu humide, se conserve bien. Et nous allons également analyser les sédiments dont le tamisage peut livrer des restes d’animaux, insectes notamment, des traces de végétaux, graines, pollens… L’ensemble des analyses nous permettra de dresser un panorama de l’évolution des paysages, des impacts anthropiques, des modes de consommation alimentaire… Notre trésor serait de retrouver des traces du moulin détruit, selon la littérature, au 17e siècle.

Léa Clouet, archéologue médiéviste, responsable d’opérations au pôle archéologie au Département de Loire-Atlantique.

La restauration de l'écluse

Mise en service en 1755, profondément endommagée pendant la Révolution française, elle est laissée à l’abandon jusqu’en 1839, date de sa reconstruction. La propriété et la gestion du domaine navigable ont été transférées au Département en 2008.

Dans les années 2000, l’écluse a été rénovée avec des portes en bois afin de conserver l’aspect historique du site.

Les travaux de restauration prévoient :

  • le nettoyage complet et rejointoiement des maçonneries,
  • des injections de béton dans les zones présentant des cavités,
  • l'amélioration de l’étanchéité des portes amont et aval du sas.

L’écluse de Vertou est fermée jusqu’à la fin des travaux.

La navigation reste toutefois possible en amont et en aval.

Le projet de réaménagement du site de la Chaussée des Moines

Les travaux menés par le Département sont réalisés dans le cadre du projet de réaménagement du site de la Chaussée des Moines et du Parc de la Sèvre. Cette opération est réalisée sur deux ans par Nantes Métropole, le Département et la Ville de Vertou, à la suite d'une concertation engagée en 2016.

© Jean-Félix Fayolle

La première phase des travaux a été réalisée fin 2020 par le Département pour préparer l'agrandissement des quais :

  • renforcement des quais,
  • restauration des perrés (murs de soutènement de l'écluse),
  • à l'emplacement de l'ancienne cale : travaux préparatoires pour le futur "théâtre des Angéliques",
  • reprise des berges.
2,4

millions d'euros : c'est le montant investi par le Département pour l'agrandissement du quai, la création de la passe à poissons et la restauration de la Chaussée des Moines et de l'écluse. Ce montant inclut le surcoût lié aux aléas de chantier (présence d’une dalle de béton d’une épaisseur de 2 mètres d’épaisseur et reconstitution du parement de la chaussée).

En savoir plus sur ce projet

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