Manoir de La Touche : des experts pour la tourelle

Fin septembre, l’entreprise Raimond mettait un point final à la restauration de la toiture de la tourelle du manoir de La Touche. Un travail d'orfèvre auquel nous avons pu assister, 20 mètres au-dessus du vide.

Démarrée début août, la reprise de la toiture de la tourelle du manoir a nécessité tout le savoir faire du chef d’équipe Matthieu Goude et de son équipier Olivier.


La couverture datait des travaux commandés par Thomas Dobrée, soit entre 130 et 150 ans. Nous avons tout repris pour la reconstruire à l’identique, selon les principes définis pour la restauration des monuments historiques..

Potasser la bible des maîtres ardoisiers

Avant de démarrer en août, Matthieu Goude avait « potassé » la bible des maîtres ardoisiers. Un savoir ancestral incontournable pour élaborer des toitures coniques comme celle de la tourelle. En fonction de la surface et des différents périmètres, il faut calculer le nombre d’ardoises pour chacune des différentes étapes et leurs dimensions, au fur et à mesure qu’on monte vers la pointe.

À partir de ces calculs, on fait ensuite les tracés au cordex, sur la volige, afin de savoir exactement où poser les ardoises.

Également restaurée, la volige a été posée en deux semaines et demi. Des planchettes de peuplier de 9 mm d’épaisseur ont été posées en fougère, c’est-à-dire en deux couches croisées, pour éviter la cassure du bois et mieux épouser le cintre de la toiture circulaire.

Tout refaire en cas d'erreur

La pose des ardoises a démarré une fois le tracé très précis terminé,

« S’il n’est pas bon, il faut tout refaire depuis le début. »

Matthieu Goude avait fait un reportage photo très minutieux de l’existant avant de démarrer, et tout s’est bien déroulé : les dernières ardoises avaient bien les 2,5 cm de couvrement prévus. 2 660 ardoises ont été utilisées, toutes taillées des deux côtés et une partie d’entre elles en biseau, pour coller à l’esthétique de ce type de couverture.

  • © J. Coulonnier
    © J. Coulonnier
  • © J. Coulonnier
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  • © P Pascal
    © P Pascal

« À deux endroits il y a ce qu’on appelle les ceintures d’échanges. C’est là qu’on place les ardoises en pointe, vers le bas. Au-dessous et au-dessus, elles apparaissent en format rectangulaire. »

Même dans ce cas, chaque ardoise est taillée avec un marteau silex, qui permet de casser les angles mais également de faire les trous nécessaires aux clous de cuivre, qui viennent fixer les ardoises à la volige. Un véritable travail de fourmi et de précision.

  • © P Pascal
    © P Pascal
  • © P Pascal
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  • © J. Coulonnier
    © J. Coulonnier
  • © J. Coulonnier
    © J. Coulonnier
  • © J. Coulonnier
    © J. Coulonnier
  • © J. Coulonnier
    © J. Coulonnier

Devant nos yeux, la presque dernière touche est apportée : une couronne de plâtre est posée au sommet de la toiture, avant d’être recouverte par une « jupe » en fer, qui vient clôturer ce travail d’orfèvre.

Le sommet de la tourelle a retrouvé son lustre. On la voit ici dominant cette partie de la ville avec une vue sur l'église de Notre-Dame-du-Bon-Port.

  • © J. Coulonnier
    © J. Coulonnier
  • © J. Coulonnier
    © J. Coulonnier
  • © J. Coulonnier
    © J. Coulonnier

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