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Culture, Patrimoine

L'Hôtel du Département

L’Hôtel du Département de Loire-Atlantique 

XVIIIe siècle : les grandes ordonnances urbaines de Ceineray
Le XVIIIe siècle constitue un tournant majeur pour la ville de Nantes telle que nous la percevons aujourd’hui. Dès 1759, Jean-Baptiste Ceineray, architecte-voyer de la ville, engage le projet de reconstruction de la Chambre des Comptes de Bretagne, devenue Préfecture en 1829. Ce projet constitue le premier acte du plan d’embellissement urbain établi entre 1761 et 1766 et approuvé par le duc d’Aiguillon, gouverneur général de la ville de Nantes. Dès lors, les places et les promenades remplacent les remparts, permettant ainsi l’ouverture de la ville sur la Loire et l’Erdre. Les faubourgs sont ainsi reliés au centre historique. Il propose, ainsi, l’alignement du cours Saint-André sur celui du cours Saint-Pierre.

 

 XIXe siècle : une urbanisation résidentielle
Comme en témoigne un plan du 8 août 1820, le conservateur des bâtiments civils du département, François Ogée, projetait d’édifier un « hôtel pour le préfet » avec un jardin ouvrant sur la promenade Saint-André. Ce projet ne fut jamais réalisé et une vingtaine d’années plus tard deux hôtels particuliers furent bâtis sur les terrains laissés libres. L’Hôtel de Mélient fut le premier érigé sur la parcelle d’angle entre le quai Ceineray et la rue Tournefort en 1839 sur les plans de l’architecte Théodore Nau (1805, Nantes -1865, Saint-Sébastien-sur-Loire). Ce dernier est connu à Nantes pour la réédification du choeur de l’église Sainte-Croix et l’achèvement du choeur de la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul. L’Hôtel d’Urvoy de Saint-Bedan, qui donne sur la rue d’Argentré, fut quant à lui construit en 1840 sur les plans de l’architecte Joseph-Fleury Chenantais (1809, Nantes -1868, Nantes). Cet architecte a réalisé d’importants monuments nantais, notamment l’ancien palais de Justice, l’église Notre-Dame de Bon Port et la Manufacture nationale des tabacs.

  

XXe - XXIe siècles : L’implantation de l’Hôtel du Département entre modernisation et préservation du patrimoine
Afin d’installer ses services, le Conseil général rachète progressivement ces hôtels particuliers et acquiert une quarantaine d’appartements. Dès 1974, différents projets sont proposés pour l’implantation du bâtiment principal. Certains d’entre eux prévoyaient la destruction complète des hôtels particuliers situés sur le site actuel de l’Hôtel du Département, à l’exception des façades donnant sur le cours Saint André, inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis le 19 mars 1954. Néanmoins, compte tenu de l’intérêt patrimonial des décors des pièces des Hôtels de Mélient et d’Urvoy de Saint-Bedan, Paul Ferré, l’architecte du Département décide en 1982 de conserver en partie les structures intérieures des hôtels particuliers.