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Arc'Antique bichonne l'ancre de l'Hermione

24/05/19

Arc'Antique est le laboratoire de conservation, restauration et de recherche du patrimoine en Loire-Atlantique. Seul établissement en France capable de restaurer des objets de grande taille, il a pu restaurer l'ancre du voilier l'Hermione. L'ancre monumentale était présentée au public lors du festival Débord de Loire, témoin du savoir-faire d'un laboratoire qui fête ses 30 ans cette année.

L’ancre originale du bateau L’Hermione sera présentée au grand public les 25 et 26 mai dans le cadre de la manifestation Débord de Loire. Une occasion unique pour découvrir cette pièce historique exceptionnelle restaurée par les équipes du laboratoire du Département, Arc’Antique ! Installée au village des chantiers, l'ancre a été déplacée jeudi matin du laboratoire Arc'Antique jusqu'aux bords de la Loire. Précisions en vidéo.

Le laboratoire Arc’Antique présentera ses activités au public au cours des festivités de Débord de Loire, au stand 23 du village des chantiers.

L’histoire de l’Hermione, un bref rappel

En 1778, l'Hermione est mise en chantier avec la Courageuse, la Concorde et la Fée, série de quatre frégates réalisée à Rochefort.

Appartenant à la catégorie de frégates dites légères, caractérisées par leur vitesse et leur maniabilité, l'Hermione était équipée de 26 canons tirant des boulets de 12 livres, d'où son nom de "frégate de 12".
Le 21 mars 1780, le jeune major général de La Fayette embarque à bord de l'Hermione. Il part combattre aux côtés des insurgés américains qui luttent pour leur indépendance. Il débarque à Boston après 38 jours de traversée et rejoint le général Washington pour lui annoncer l'arrivée imminente des renforts français. La Fayette assure à bord de L'Hermione des missions de surveillance de la côte Est. En février 1782, alors que la guerre d'indépendance bascule en faveur des insurgés américains, L'Hermione regagne la France.
Le 20 septembre 1793, alors qu'elle convoyait vers Brest des navires chargés de canons sortis de la Fonderie royale d'Indret,  l'Hermione s’échoue à mi-marée sur le plateau du Four, au large du Croisic. La coque a une importante voie d’eau, la cale est crevée, le navire se remplit d'eau puis bascule, se couche sur tribord, puis sombre.

De la découverte de l’épave à la restauration de certaines pièces


En août 2005 des fouilles sont entreprises par l’équipe de Michel Vasquez, président de l'association Armada, inventeur de l’épave, sous la direction scientifique du DRASSM (Département des Recherches Subaquatiques et Sous-Marines – ministère de la Culture). Sur l'épave, plusieurs pièces sont prélevées dont l’ancre et deux canons.


La conservation-restauration de ces pièces est confiée au laboratoire Arc’Antique, seul établissement en France capable de restaurer des objets de cette taille. La situation géographique du Département de Loire-Atlantique, son environnement maritime, la richesse historique de son littoral ont amené naturellement le laboratoire Arc’Antique à se spécialiser dans les travaux de restauration d’objets archéologiques issus de fouilles sous-marines. Le traitement de conservation-restauration débute dès le 31 août 2005, il durera plus de quatre années.

Le traitement principal consiste à retirer les sels marins (chlorures) par l’application d’un courant électrique (électrolyse) : c’est l’étape de déchloruration. L’ancre est ainsi placée dans un bain chimique (électrolyte) et reliée à un générateur de courant. Sans cette action, les chlorures seraient responsables de phénomènes de dégradation irréversibles et rapides pouvant détruire une partie des objets.
La dernière étape de traitement consiste à appliquer une couche de protection à la surface des objets pour permettre leur exposition et leur conservation.


Depuis 2009, le Département des Recherches Subaquatiques et Sous-Marines du ministère de la Culture (DRASSM) a confié l’ancre et les canons de l’Hermione au château des ducs de Bretagne-Musée d’histoire de Nantes qui en assume la responsabilité scientifique.