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Culture, Patrimoine

Le Chantenay

Le dernier roquio du port de Nantes

Un peu d’histoire

 

Le Chantenay est un roquio. Ces navires, aujourd’hui remplacés par les navibus, étaient omniprésents dans le paysage nantais des XIXème et XXème siècles. Ils effectuaient le transport des passagers sur la Loire entre la ville de Nantes et les communes environnantes. La dénomination « roquio » est issue de ce passé et provient du surnom d’un rezéen, Jean Moreau, qui fut ensuite donné au premier navire à vapeur mis en circulation sur la Loire au XIXème siècle pour le transport de voyageurs1. Le Chantenay, roquio n°10 de la flotte nantaise, a été le dernier navire du genre  à effectuer la liaison entre le quai de la fosse et le port de Trentemoult sur la rive sud.

 

Le Chantenay pouvait transporter jusqu’à 50 passagers : 20 personnes dans le salon arrière et 30 sur le pont avant.

 

Sa carrière s’achève dans les années 70 où il est désarmé, l’Association Bateaux du Port de Nantes rachète alors ce navire à l’état d’épave en 1997. Une importante campagne de restauration est initiée en 2000, elle se termine huit ans plus tard.

 

En 2008, le Chantenay est reconnu bateau d’intérêt patrimonial par la Fondation du patrimoine Maritime et Fluvial. Cinq ans plus tard, soit 125 ans après sa mise en service, il est classé au titre des Monuments Historiques.

 

Une action originale soutenue par le Département

 

Depuis l’an 2000, le Département de Loire-Atlantique soutient financièrement les restaurations entreprises par l’Association Bateaux du Port de Nantes pour la conservation et la valorisation de ce navire, témoin de l’histoire fluvial et maritime nantaise. En 2007, une subvention de 5 000 euros a notamment été attribuée à l’association par le Département pour l’achèvement des restaurations.

  

Le Saviez-Vous ?

 

La technique employée pour l’assemblage de ce navire est le rivetage à chaud. Celle-ci était très répandue au XIX ème  siècle avant l’apparition de la soudure moderne. Elle avait, par exemple, été utilisée pour la construction de la tour Eiffel et du paquebot Normandie. Un mode d’assemblage qui présentait l’avantage d’être très résistant car il était définitif et peu encombrant. De plus, contrairement à la soudure moderne, ce système permettait de ne pas déformer les tôles utilisées dans la construction navale. Néanmoins, cette technique nécessitait une main d’œuvre importante. Il fallait, en effet, pas moins de trois personnes pour la pose d’un seul rivet. Elle a donc progressivement été abandonnée. La disparition de ce savoir-faire pose un véritable problème d’authenticité pour la restauration de ce patrimoine.

 

 

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Pour aller plus loin

1 PLAT, Serge, Des roquios aux navibus : le patrimoine comme inspiration de la création contemporaine, Nantes, Éd. Coiffard, 2010