• Éducation et collèges

Solidarité : les imprimantes 3D tournent à plein régime

28/04/20

Compléments de protection aux masques, les visières en plastique sont très efficaces pour limiter la contagion au Covid-19. En Loire-Atlantique comme ailleurs en France, elles sont pour beaucoup fabriquées avec des imprimantes 3D, par des "makers" solidaires.

Que faire pour aider ?” À l'annonce du confinement généralisé, c'est la question que se posent très vite l’enseignant en technologie Michel Fréard avec des collègues et ses élèves du collège Petite Lande à Rezé. La semaine de la solidarité et du handicap de leur fablab prévue fin mars étant évidemment annulée, ces “makers” décident alors de fabriquer des visières de protection pour les soignant·es ou autres professionnel·les dans le besoin.

Toute une communauté à l’œuvre

Le rectorat a proposé aux profs de technologie d’utiliser les imprimantes 3D des collèges pour des actions volontaires.” raconte l'enseignant. Équipés par le Département, tous les collèges de Loire-Atlantique disposent de ce matériel qui permet la fabrication d’objets en plastique à partir d’un modèle, et sont principalemdent dans les salles d'enseignement de technologie. “J’ai passé un message sur le site du collège pour solliciter d’autres makers : des collègues d'autres établissements et des parents, équipés personnellement d’imprimantes 3D, ont répondu présents.” Un formulaire de demande de visières est également mis en ligne, pour répondre à une demande ciblée. Soignants, personnels de supermarché bio, EHPAD, c’est l’infirmière du collège, Madame Paysan, qui centralise les demandes et s’occupe de la distribution. Pour les matières premières, chacun paye de sa poche “et des habitant·es de Rezé, au courant de notre démarche, nous ont fait des dons de feuilles en plastique.

Distributeurs de gel et "surpoignées"

Très active, la petite communauté solidaire Petite Lande a fait des heureux·ses , qui témoignent en photo sur le site du collège. En prévision du déconfinement dans les établissements scolaires, Michel Fréard va faire travailler ses élèves sur la modélisation de distributeurs automatiques de gel hydroalcoolique et de “surpoignées” pour ouvrir les portes sans les mains. “Nous sommes toujours dans une pédagogie de projet pour intéresser les élèves, mais aussi de partage. Tous nos travaux seront en open source (libres de droits et d’usages) et ils intéressent des fablab en Afrique, avec lesquels nous sommes en lien depuis longtemps.

En savoir + sur les actions solidaires du collège Petite Lande

Visières : le LUNe également en orbite

Ouvert par le Département depuis le début de l'année 2019 à Nantes, le LUNe est un lieu d'apprentissage atypique qui propose aux élèves un voyage ludique (L), unique (U) et numérique (N) guidé par des objets technologiques d'aujourd'hui. En l'absence des classes avec le confinement, c'est devenu une petite unité de fabrication de visières de protection.

Animateur habituel du lieu, Richard Guitteny fait tourner les 9 imprimantes 3D à plein régime. "50 visières sont fabriquées chaque jour. Les imprimantes produisent les arceaux. Il faut ensuite les assembler avec des feuilles de plastique transparentes et des élastiques." Petite vidéo rapide sur le principe :

Commandées par le Département, des bobines de fil plastique servent de matière première pour les arceaux. Les feuilles transparentes ont été fournies par le centre d'impression du Département qui en avait en réserve et les élastiques ont été commandés en mercerie. "Ces visières peuvent être désinfectées avec des lingettes ou un trempage de longue durée dans une eau savonneuse explique Karen Gautier, de la Mission coordination sécurité et risques du Département. Cependant, nous n'avons pas pu les proposer aux soignant·es des hôpitaux en unité Covid-19 car le processus de désinfection est beaucoup plus exigeant." Accompagnées d'une notice pour la désinfection, les visières du LUNe vont déjà équiper les agent·es du Département : personnels des PMI, des routes, des collèges, de la protection de l'enfance, etc. S'il y a des surplus, l'Agence régionale a proposé qu'ils soient distribués dans les pharmacies.