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Santé : réduire les inégalités pour les enfants placés

26/04/19

Les enfants placés sous protection de l'aide sociale à l'enfance sont beaucoup plus sujets à des problèmes de santé que la population générale. Afin de réduire cette inégalité qui peut affecter leur vie entière, une expérimentation vient d'être lancée en Loire-Atlantique, département pilote. Elle sera menée par l'unité d'accueil des enfants en danger du CHU de Nantes.

Quelques chiffres

25 % des enfants placés évoluent normalement ; 50 % rencontrent des problèmes de souffrance psychique plus fréquemment et de façon plus importante que la population générale ; 22 % doivent être hospitalisés (versus 0,2 % dans la population générale) ; leur probabilité d'être hospitalisés en pédopsychiatrie est 121 fois plus élevée ; un tiers d'entre ces enfants évolue vers une pathologie psychiatrique nécessitant une accompagnement médicosocial à vie.

Issus d'une étude réalisée à Angers et menée sur 129 enfants placés en pouponnière, suivis pendant 22 ans, ces chiffres illustrent l'inégalité majeure de destin des enfants et adolescent·e·s placé·e·s sous la protection de l'aide sociale à l'enfance suite à des maltraitances ou défaillances parentales.

Un parcours de soins spécifique

Pour enrayer ce phénomène, une expérimentation va démarrer en Loire-Atlantique. L'idée est de mettre en place un protocole de suivi systématique des enfants avec consultations longues et complexes dès leur prise en charge par la protection de l'enfance, et possibilité de recours à des consultations de psychologues, psychomotriciens, psychiatres, etc.

Cette idée s'appuie sur les résultats de l'étude précitée. Elle a permis de constater que parmi les 129 enfants placés, les prématurés  s'en sortaient mieux que les autres car ils avaient bénéficié du suivi médical systématique organisé pour les bébés prématurés. En dehors du bénéfice individuel que chaque enfant devrait en retirer, des économies substancielles peuvent être attendues de cette prévention proactive et systématique : 1,7 million d'euros par enfant placé·e sur 20 ans.

Candidat avec l'ARS à l'expérimentation pour les enfants qu'il protège, le Département de Loire-Atlantique sera collectivité pilote. C'est le CHU de Nantes, avec son unité d'accueil des enfants en danger, qui sera la structure coordinatrice de ces nouveaux parcours de soins. Adrien Taquet, secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance, était en visite à Nantes le 23 avril pour rencontrer les différentes structures actives sur cette expérimentation.