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Ehpad : après la concertation, les décisions

12/10/18

Les élu·e·s du Département vont voter de nouvelles mesures, pour répondre à la crise traversée par les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Des mesures budgétaires mais surtout un rapport de confiance : les Ehpad demeurent incontournables pour diversifier les services proposés aux personnes âgées.

Lancés en mars dernier par le Département, les états généraux sur la situation dans les maisons de retraite en Loire-Atlantique ont permis de dégager des pistes d’amélioration. Personnes âgées de plus en plus dépendantes, problème de financement et donc manque de personnel, faible attractivité des métiers de la gérontologie, les raisons de la crise sont multiples et ne seront pas toutes résolues à court terme. « Mais nous avons apprécié l’écoute et la concertation mise en place », estime Julie Rivière, qui dirige l’Ehpad Mer et Pins à Saint-Brevin-les-Pins.

Des mesures concrètes


Elle a dirigé l’un des groupes de réflexion de la concertation sur les rapports entre les établissements, le Département et l’Agence régionale de santé.

« Par exemple, nous avons souligné une difficulté financière : le Département, qui paie l’hébergement des résidents et résidentes aux faibles revenus (l’aide sociale), en intégralité ou en partie, acquittait jusqu’à présent cette somme à la fin de l’année, avec du retard par rapport àl’accueil. »


Un « détail » qui met en difficulté les maisons de retraite qui doivent avancer de la trésorerie et qui sera corrigé, annonce Annaig Cotonnec, vice-présidente au vieillissement et aux personnes âgées.

« Nous souhaitons inverser la logique et faire confiance a priori aux établissements en versant des acomptes de cette aide sociale, puis régulariser, éventuellement. »

Autre problème souligné : l’évaluation de la dépendance. Les Ehpad reçoivent une somme globale en fonction du niveau de dépendance des personnes âgées.

Julie Rivière raconte :

« Parfois, nous accueillons des personnes très dépendantes, mais qui, parce qu’elles seront accompagnées au quotidien, pour les repas ou les soins, vont retrouver un peu d’autonomie. Leur niveau de dépendance va diminuer, donc l’allocation reçue par L’établissement va baisser, alors que c’est justement l’accompagnement qui permet cette amélioration. »

Pour le dire autrement, l’intérêt de la personne âgée est contradictoire avec les besoins financiers des établissements. Cette question de l’évaluation de la dépendance sera relayée au niveau national, auprès du ministère de la Santé.

Ouvrir l'Ehpad sur l'extérieur


Julie Rivière cite, par exemple, le cas de cette femme, atteinte de la maladie d’Alzheimer, qui ne mangeait plus et ne parlait plus du tout, et est arrivée dans un état de santé très dégradé. À l’aide d’un dispositif innovant et ludique, à base de poupées, les professionnel·le·s de l’établissement ont réussi à recréer un dialogue, qui a entraîné une reprise de l’alimentation.

« Parfois, dans le débat sur les Ehpad, on se concentre sur les problèmes, analyse la directrice. C’est vrai que nous manquons de personnel mais il faut aussi se rendre compte de la sécurisation et de l’accompagnement que nous proposons aux personnes âgées. Tous les jours, à n’importe quelle heure, elles ne sont jamais seules. C’est un soulagement pour les familles. »

Améliorer l’image dégradée des Ehpad, en mettant en lumière cette qualité de soins, fait également partie des engagements du Département, pour éviter que les personnes âgées ne viennent trop tard dans les établissements, par dépit, plutôt que par choix.

« Il faut poursuivre l’ouverture des Ehpad sur l’extérieur, montrer la vie et les activités dans les établissements, qui sont complémentaires de tous les services proposés aux personnes âgées. Vie à domicile, logement intermédiaire ou établissements ne sont pas à opposer mais à articuler », explique Annaig Cotonnec.